Une aide au revenu pendant le démarrage
Quitter le chômage pour devenir travailleur autonome pose un problème de revenu : les premières semaines rapportent peu, alors que les dépenses de lancement s'accumulent. Le Soutien au travail autonome, administré par Services Québec, vise justement cette période de transition en soutenant la personne elle-même.
La mesure combine une aide financière et un accompagnement par un organisme spécialisé en entrepreneuriat. Montants, durée et modalités sont fixés par Services Québec et peuvent évoluer ; il faut les confirmer auprès d'un bureau régional avant de bâtir son budget de démarrage.
Qui est admissible à la mesure ?
La mesure s'adresse notamment aux personnes sans emploi, dont les prestataires de l'assurance-emploi ou de l'aide sociale. Les critères précis, qui peuvent couvrir d'autres situations, sont confirmés par un conseiller, et le projet doit pouvoir mener à une entreprise viable.
Un plan d'affaires est généralement exigé, préparé avec l'organisme accompagnateur. Il démontre le marché visé, les prix, les dépenses prévues et la capacité à dégager un revenu. Ce document sert ensuite de base pour solliciter un prêteur ou un fonds local en complément.
Ce que regardent les prêteurs complémentaires
Pour financer l'équipement ou le fonds de roulement, les prêteurs analysent la cote de crédit, l'historique bancaire, la mise de fonds personnelle et la cohérence du plan d'affaires. L'appui de Services Québec rassure, sans garantir l'obtention d'un prêt auprès d'une institution financière.
Qui peut financer un travailleur autonome au Québec ?
Services Québec administre le Soutien au travail autonome. Desjardins propose Créavenir, qui associe financement sans garantie et accompagnement des jeunes entrepreneurs avec des partenaires locaux. Futurpreneur offre, à l'échelle canadienne, un financement de démarrage et du mentorat aux entrepreneurs de 18 à 39 ans.
Microcrédit Montréal accorde de petits prêts aux entrepreneurs montréalais exclus du crédit traditionnel, et le réseau des SADC et CAE prête aux entrepreneurs des régions. Les offres existent donc, mais chacune vise un public précis selon l'âge, la région ou la situation bancaire.
Comparer les appuis disponibles
Ces dispositifs ne jouent pas le même rôle : certains soutiennent le revenu, d'autres prêtent de l'argent à l'entreprise. Les combiner intelligemment permet de couvrir à la fois les dépenses personnelles et l'investissement de départ, sans s'endetter au-delà de sa capacité réelle.
| Appui | Pour qui | Garantie | À vérifier |
|---|---|---|---|
| Soutien au travail autonome | Personnes sans emploi admissibles | Aucune, il s'agit d'un soutien financier | Conditions de versement et obligations de suivi |
| Créavenir (Desjardins) | Jeunes entrepreneurs | Financement sans garantie | Âge et partenaire local de la région |
| Futurpreneur | Entrepreneurs de 18 à 39 ans | Selon le programme | Mentorat associé et conditions du prêt |
| Microcrédit Montréal | Entrepreneurs montréalais sans accès bancaire | Selon le dossier | Montant limité et accompagnement |
| SADC et CAE | Entrepreneurs des régions | Variable | Territoire couvert par la SADC locale |
Les étapes pour entrer dans la mesure
- Prendre rendez-vous dans un bureau de Services Québec et exposer le projet d'entreprise.
- Faire confirmer l'admissibilité selon sa situation : assurance-emploi, aide sociale ou autre.
- Être orienté vers un organisme d'accompagnement en entrepreneuriat reconnu.
- Rédiger le plan d'affaires et les prévisions financières avec cet organisme.
- Rassembler pièces d'identité, relevés de prestations, relevés bancaires et soumissions des fournisseurs.
- Présenter le dossier, puis solliciter si besoin un prêt complémentaire auprès d'un fonds ou d'une caisse.
Erreurs et arnaques à surveiller
Prendre des engagements avant l'accord, comme signer un bail ou acheter de l'équipement, peut compliquer le dossier ; mieux vaut valider le calendrier avec le conseiller. Des fraudeurs se présentent aussi comme agents gouvernementaux ou prêteurs privés auprès des personnes qui démarrent.
- Aucun organisme public ne facture l'inscription au Soutien au travail autonome.
- Refuser tout prêteur qui exige un dépôt, une carte prépayée ou de la cryptomonnaie avant le versement.
- Vérifier par un canal indépendant les coordonnées d'un appel prétendument officiel.
- Lire le coût total d'un prêt privé, assurances et frais compris.
- Déclarer correctement ses revenus d'entreprise pour éviter un trop-perçu de prestations.
Si la demande n'est pas retenue
Un refus d'admissibilité ne ferme pas la porte à l'entrepreneuriat. Le projet peut être revu avec un organisme d'accompagnement, présenté plus tard ou financé autrement. Demander les motifs précis du refus permet de savoir si une révision de la décision peut être sollicitée.
Les fonds locaux comme PME MTL à Montréal, les SADC en région, Futurpreneur pour les jeunes et le microcrédit offrent d'autres voies. Démarrer à temps partiel en conservant un emploi réduit aussi le besoin de financement, à condition de respecter les règles de l'assurance-emploi.
Peut-on toucher l'assurance-emploi et lancer son entreprise ?
Travailler à son compte pendant une période de prestations a des effets sur l'admissibilité à l'assurance-emploi. Les règles fédérales prévoient des cas particuliers ; il faut déclarer l'activité et vérifier sa situation auprès de Service Canada avant de démarrer, pour éviter un remboursement.
Faut-il un plan d'affaires complet ?
Dans la grande majorité des cas, oui : le plan d'affaires constitue la pièce centrale du dossier. Il est construit avec l'organisme accompagnateur et doit rester réaliste, car un document trop optimiste fragilise la demande auprès de Services Québec comme auprès des prêteurs.
Les organismes partenaires sont-ils les mêmes partout ?
Non : Services Québec couvre toutes les régions, mais les organismes d'accompagnement et les fonds complémentaires varient selon le territoire. Demander au conseiller la liste des partenaires actifs dans sa région évite de perdre du temps avec des structures qui ne couvrent pas le secteur.
Un nouvel arrivant peut-il en bénéficier ?
L'admissibilité dépend du statut au Canada et de la situation d'emploi, appréciés par Services Québec. Un nouvel arrivant peut aussi se tourner vers les programmes destinés aux immigrants entrepreneurs, notamment ceux de BDC, ou vers le microcrédit montréalais qui accompagne de nombreux nouveaux arrivants.
Organismes à contacter
- Soutien au travail autonome (STA) – Services Québec — Mesure de Services Québec qui soutient financièrement et accompagne les personnes sans emploi admissibles pendant le démarrage de leur activité autonome.
- Desjardins – Créavenir — Programme Desjardins pour jeunes entrepreneurs combinant financement sans garantie, aide financière et accompagnement avec des partenaires locaux québécois.
- Futurpreneur – Programme de démarrage (Core startup program) — Financement de démarrage et mentorat pour les entrepreneurs de 18 à 39 ans, utile en complément d'un soutien au revenu.
- Microcrédit Montréal – Prêts pour entrepreneurs — Petits prêts et accompagnement pour les entrepreneurs montréalais qui n'ont pas accès au crédit bancaire traditionnel pour démarrer.
